Il existe de nombreuses définitions tentant de qualifier la transidentité. Pendant longtemps, on a surtout parlé de “transsexualité” ou du “transsexualisme”, définis comme un désir profond, présent depuis l’enfance, de changer de sexe. Le terme “transgenre” s’est ensuite développé, en partie pour se détacher de la pathologisation du terme “transsexuel·le”. Mais ce terme a également été parfois utilisé pour marquer une différence entre les personnes ayant procédé à une chirurgie de réassignation sexuelle (personnes décrites alors comme transsexuel·les) et celles qui ne l’ont pas encore fait ou ne désirant pas le faire (transgenres).
Aujourd’hui, le terme “transsexuel” est tombé en désuétude. Les termes “trans” et “transgenre” lui sont préférés, puisqu’ils sont moins associés à la psychiatrisation de la transidentité et à la médicalisation des corps trans. Ces termes permettent également de mieux marquer la différenciation entre sexe et genre et le principe d’autodétermination.
Notre définition de la transidentité est la suivante : la transidentité est le fait que l'identité de genre d’une personne ne corresponde pas au genre qui lui a été assigné à la naissance.
Une notion est centrale dans cette définition : le genre assigné à la naissance. Au moment de la naissance, sur base d’un examen de ses organes génitaux externes réalisé par un·e professionnel·le de santé, chaque enfant est rangé·e dans une case genrée binaire : fille ou garçon. Cette case déterminera pour ellui non seulement son prénom, mais aussi bon nombre d’attentes, de stéréotypes qui l’influenceront à performer un rôle genré (“Tu es un homme, ne pleure pas”, “ Ce ne sont pas des manières de princesse”). Mais, comme expliqué dans Le genre, c’est quoi ?, l’apparence des organes procréatifs de l’enfant n’a pas de lien direct avec ces stéréotypes. Bien que pour majorité des personnes, l'assignation de genre à la naissance corresponde à leur identité de genre (ces personnes sont dites cisgenres), au point que cela soit devenu une norme sociale, ce n'est pas le cas pour tout le monde.
“Depuis tout petit, malgré mon corps et ce que les gens ne cessaient de me répéter (en contradiction avec mon ressenti, mes pensées), je me suis toujours considéré comme un garçon à part, différent des autres mais qu'un jour cela changera et que je deviendrai comme tout le monde. Quand j'ai découvert vers mon adolescence que je n'étais pas seul et qu'il existait un terme pour le définir, j'étais longtemps dans le déni, sûrement parce que je devais défaire cette idée de devenir comme tout le monde et de plutôt accepter le fait d'être juste un garçon/homme différent. […] S'assumer ce n'est pas évident, c'est un processus long et il faut s'armer de courage et de patience mais ça en vaut vraiment la peine parce que ça fait tellement du bien d'être vrai, d'être soi, et de se sentir accepté et soutenu par son entourage.” - Connor, 22 ans, il/lui
“Quand on parle du genre, toute personne, même cis, peut avoir des côtés du genre "opposé". Rien n'est jamais entièrement noir ou entièrement blanc, contrairement à ce qu'on nous laisserait penser. Cependant, après 30 ans de vie dans la peau de mon genre de naissance, je n'ai plus l'envie de retenir cette féminité qui m'anime depuis si longtemps, mais qui restait enfouie au plus profond de moi afin de "pouvoir rester dans la bonne case". Accepter le fait que je sois transgenre a été la première étape qui m'a permis d'embrasser cette féminité et d'explorer toute une facette de ma personnalité. Aujourd'hui, je suis convaincue d'avoir toujours été une femme au plus profond de moi, qui s'affirme chaque jour un peu plus.” - Georgia, 31 ans, elle/elle
“J’ai toujours été très conciliant, et comme on m’a toujours dit que j’étais une fille, je ne me suis jamais vraiment posé de question. Pourtant, j’ai toujours senti que quelque chose n’allait pas, que j’étais différent des autres. À l’adolescence, j’ai essayé de rentrer encore plus dans les cases, j’étais vraiment la jeune fille la plus classique possible. Puis, bien plus tard, j’ai eu une grosse période de remise en question suite à un burn-out et une de mes décisions a été d’enfin faire face à qui j’étais vraiment. J’ai donc commencé ma transition. Maintenant, en y repensant, si j’avais su que la transidentité existait et si j’avais su m’affirmer plus tôt, j’aurais peut-être pu être un jeune garçon heureux. Mais je ne regrette rien à mon parcours, il a forgé qui je suis.” - Anonyme, iel/lui
"Non-binaire" est un terme parapluie qui regroupe toutes les identités de genre qui ne rentrent pas dans la norme genrée binaire "homme" et "femme". Les personnes non-binaires peuvent se sentir à la fois homme et femme, ni homme ni femme, ou même quelque chose de complètement différent. Les expériences et les identités de genre des personnes non-binaires sont diverses et chaque personne a sa propre façon de se définir.
“Je n'aime pas les étiquettes, mais la société et les gens nous imposent d'en mettre afin de nous comprendre. Je veux être libre d'être moi-même. Je suis un homme né dans le corps d'une femme [ou] je suis une femme très masculine, peu importe. En fait, j'aime quand les personnes hésitent et ne savent pas comment m'appeler car moi-même je ne sais pas. En vérité, il n'y a aucun mot qui peut décrire mon ressenti exact, [même si] certains s'en approchent plus que d'autres.” - Charly, 22 ans, il/lui
“Mon identité se définit par l'absence de genre. […] Le genre ne fait pas partie de la manière dont je me définis, et finalement c'est par cette revendication-là que j'ai fini par me définir, en tant que personne agenre.” - Clint, 23 ans, al/al
“[Mon genre] est flou, il fluctue, semble évident, puis s'efface... Il est comme une vague qui va et qui vient sans que je puisse être sûr de comment sera celle qui suit. Autrefois j'essayais de comprendre cette vague, aujourd'hui je me laisse juste porter par elle, adaptant mon expression de genre à celle-ci sans essayer de prouver quoi que ce soit à qui que ce soit.” - Charlie, 23 ans, il/iel
“Je sais qu’aux yeux de la société j’ai une expression de genre masculine, pour moi c’est juste que je me sens à l’aise de cette façon sans pour autant me définir comme un homme, ni une femme d’ailleurs. Je suis genderqueer parce que je ne ressens pas le besoin de poser une définition “fixe” ni sur ce que je suis ni sur ce que je ressens.” - Anonyme, il/lui