Je suis médecin

Accompagner au quotidien une personne transgenre ne requiert que quelques ajustements basiques pour qu’elle se sente à l’aise et bien entourée par son médecin. Mais ce n’est pas tout, il y a également une dimension professionnelle de savoirs et de savoir-faire à acquérir. Pour cela, un collaborateur de la plateforme PraTIQ a mis au point une fiche informative à destination des médecins souhaitant encadrer un processus de transition hormonale. Dans le reste de cet article, nous nous attarderons sur le côté plus humain de l’encadrement.

Mais d’abord, il convient de comprendre que le système de remboursement des transitions hormonale est très spécifique. Une partie des produits qu’il est possible de prescrire ne seront remboursés que s’ils sont prescrits par un·e endocrinologue (comme le Sustanon ou l’Androcur). Or, beaucoup de personnes transgenres préfèrent consulter un·e médecin généraliste pour leur disponibilité, le fait qu’iels se connaissent déjà et l’aspect généralement plus safe et bienveillant de celleux-ci. Dans le cas d’une transition féminisante, cela ne se ressent pas beaucoup puisque beaucoup de produits bénéficient d’un remboursement à la source ou ont une alternative qui en bénéficie. Pour la transition inverse, cet aspect financier peut être rédhibitoire, surtout au vu de la précarité déjà répandue dans la communauté transgenre et empirée par toutes les procédures non-remboursées. Cet élément est important à saisir, car que vous soyez généraliste ou endocrinologue, lae patient·e viendra sans doute vous voir en sachant cela et cela aura influencé son choix.

Où et comment se former ? Lire cet article est déjà un bon début. Mais pour aller plus loin, de nombreuses associations offrent des formations aux professionnel·le·s. Si vous êtes intéressé·e d’en savoir plus sur celles-ci, vous pouvez nous contacter via l’adresse e-mail info@pratiq.be.

Comment donner une image plus safe ?

  • Ă€ tout moment, genrer et nommer lae patient·e comme iel souhaite ĂŞtre nommĂ©e et genrĂ©e et ce peu importe ce qu’indiquent ses papiers officiels. Il est possible et encouragĂ© de demander clairement Ă  la personne comment elle souhaite ĂŞtre nommĂ©e et genrĂ©e.
  • Le cabinet oĂą la personne officie peut afficher explicitement son soutien aux personnes trans et queer, en mettant en avant des affiches, des flyers d’associations qui montrent que la personne s’est informĂ©e sur le sujet et dĂ©fends ces droits.
  • Lae professionnel·le peut Ă©galement se prĂ©senter en prĂ©cisant les pronoms qu’iel utilise, et inviter lae patient·e Ă  Ă©galement communiquer les siens.
  • Lors des discussions avec lae patient·e, orienter les Ă©changes de sorte qu’ils ne soient pas cishĂ©tĂ©rocentrĂ©s peut Ă©galement aider Ă  ce que la personne se sente en sĂ©curitĂ©. Le cishĂ©tĂ©rocentrisme est le fait de partir du principe que la personne est cisgenre et hĂ©tĂ©rosexuelle jusqu’à preuve du contraire.
  • ReconnaĂ®tre son manque de connaissance sur un sujet sans clĂ´turer le dossier et en se donnant l’occasion d’apprendre avant de revoir lae patient·e est Ă©galement une attitude encouragĂ©e.
  • Ne pas poser de questions dĂ©placĂ©es, qui sortent du cadre mĂ©dical et qui ne seraient jamais posĂ©es Ă  une personne cisgenre.

Accompagner des mineur·e·s peut être un processus complexe. Si la famille est dans le support et l’accompagnement du/de la jeune, il n’existe aucune contre-indication à la prescription d’un traitement hormonal dès l’âge moyen de la puberté, et de nombreux médecins en Belgique le font déjà. Si la famille n’est pas derrière lae mineur·e non-émancipé·e, le processus est plus compliqué et il convient à chaque médecin de voir avec sa propre éthique professionnelle s’iel se sent capable d’accompagner lae jeune.

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